Il y a quelques posts sur le dogo.
J'en rajoute un , c'est vrai, mais avec un oeil un peu plus français car axé sur mes sorties sur le territoires français.
Le monde du dogo est un petit monde, on se connait tous. Nous sommes encore très peu à chasser réellement sur le territoire français.
j'espère que les descriptions qui vont suivre vous convaincrons que le dogue argentin est un vrai chien de chasse et peut trouver sa place en France.
Sa morphologie de molosse ainsi que sa classification font que vous l'associez au rott, boxer, dogue de Bordeaux ...
Pourtant, si la plupart des molosses ont une fonction originelle de garde, il n'en est rien pour le dogo dont le standard exprime clairement "chien de chasse au gros gibier".
Dans son pays d'origine, il participe à la MONTERIA.
Accompagné ou non de Galgo (qui chez les Argentins est un terme générique pour parler des lévriers), c'est un mix de molosse, pointer et lévrier, car un aspect indéniable de sa fonction est la prise.
Ce mode chasse qui peut choquer certains et paraître en contradiction avec les traditions.
Franchissons les Pyrénées et on retrouve fréquement la Monteria en Espagne, tandis que G. Phoebus pratiquait ce type de chasse avec ses alans vautré (ou vautraits ?) ancêtres du dogue Allemand.
2 Dogos en prise sur un ragot, c'est équivalent à une 10 aine de fox/ jadg ou autres griffonés et c'est assez fréquent.
Le dogo se différencie des molosses par :
-une motivation extrême pour la bête noire.
-une orientation de la prise sur les écoutes, le groin (s'il ya de la place) ou la nuque pour les animaux de faible poids.
Au niveau aptitude physique, il est intermédiaire entre le lévrier et les courants classiques. compte tenu de sa sélection on s'en doutait
Niveau caractère, il n'échappe pas aux caractéristiques de la chasse du sanglier qui impose courage et pugnacité.
Toutefois, ceux qui savent gérés les terriers "mordants" auront les bases nécessaires pour gérer le dogo.
De plus, sa motivation pour le sanglier fait qu'à partir du moment où le chien est en condition de chasse, le dogo ne s'occupe absolument plus de ses congénères.
La femelle se montre plus souple ... comme pour toute les races.
une autre similitude avec les terriers, c'est que dès qu'il est semé, il revient bien (sous réserve d'une bonne éducation).
Certains pourraient le penser agressif envers l'homme.
Rappelons qu'à aucun moment il n'a été sélectionné pour la garde.
Au contraire, il doit manifester à l'égard de l'homme une extrême "bonhomie".
Sur la vidéo de Don Torcuarto de la VD, on peut voir ce chien saisir au groin un sanglier de 2 ou 3 fois son poids.
S'agissant d'une "prueba de campo", des intervenants ont fait lacher le chien malgré la violence qu'il doit dégager pour coucher la proie et sans jamais se retourner sur l'homme.
Comment pourrait-il en être autrement ? les Argentins ne feraient pas de sensibleries à l'égard d'un dogo qui au cours de la prise ne serait pas respectueux de l'homme.
Bien entendu il s'agit là de généralité concernant le dogo sélectionné et éduqué pour ce qu'il doit faire.
Ci-dessous, mon premier sanglier prélevé à la billebaude, en compagnie d'un Drahtaar.



j'ai poussé avec les deux chiens d'un côté.
le sanglier est sorti de l'autre où l'attendait le tireur, pas mauvais puisque la balle s'est logée derrière l'oeil gauche.
Malgré ses belles défenses et un onglon interne poussant de biais, il a préféré fuir.
Heureusement pour les chiens sans doute.
Mais le dogo n'a pu s'empêcher une prise dans la fuite profitant vraisembablement du ralentissement à l'impact. Je ne sais donc si le chien fait sa prise sur le dos quand le sanglier fuit (le plus probable vu l'emplacement) ou s'il en profite quand le corps est au sol (mais à ce moment là pourquoi lache-til, ce n'est pas dans son habitude

)
Nous avons attendu qq secondes, la blessure en tête paraissait évidemment létale.
Et pourtant quand nous sommes venus rechercher la bête après avoir rentré les chiens et posés les fusils, le corps avait fait une rotation de 180° et changé de côté.