Samedi 26 janvier 2008,
Il est huit heures et les conversations vont bon train en ce petit matin au rendez vous de chasse. Nous signons le carnet de battue au sanglier pour les présents et nous mettons en route pour aller faire le pied; les autres arriveront vers 11h30 quand nous aurons fini. Le circuit que je fais avec mon collègue ne nous révèle que des pieds de chevreuils et de renards. Sur une partie du parcours que nous sommes obligés de faire à pieds (les circuits sont très long et nous devons les faire en voiture à allure assez lente tous de même pour voir les empreintes dans la terre sableuse des pistes), nous prenons nos fusils, mon collègue tire et tue une palombe.
11h30, nous retournons au rendez vous après avoir été aider un collègue sur son parcours.
Nous cassons la croûte et les autres sont arrivés; d'une quinzaine se matin nous passons à près de trente cinq bonhommes.
13h00 nous allons sur une première enceinte de chasse. les chiens tournent en rond dans le carré pendant près d'une heure sans rien levé: le pieds est mauvais. Et pourtant j'avais dit à mon voisin de poste que je le sentais bien "C'est là qu'il va sortir" lui avais je dis, la coulée à côté de laquelle j'étais posté était fréquentée.
14h15 nous allons fermer un deuxième carré après un long débat juste à côté du premier carré en supposant que sus scrofa y été plus présent que dans le précédent carré....rien,niet,nada.
15H15 nous allons sur un troisième carré le temps que tout le monde soit arrive et se poste il est 15h25. Je me poste et attends deux minutes...premiers coups de gueules; ça craque sur ma gauche mais c'est loin. ça s'est arrêté. Je fais signe à mes voisins. Les chiens se rapprochent mais pas trop vite, ça recommence à craquer...je suis nerveux et là, d'un coup à dix mètres surgit un magnifique mâle de 80kg. Première balle manqué et seconde balle le touche, il accuse le coup puis repart dans le carré. Il va vers la droite, le temps de remettre deux mary arm gualandi dans le fusil, il saute là ligne 100m plus loin. 5 coups de feu sont tirés malgré la blessure il court et très vite, il est manqué. La traversée est sonnée et nous reprenons les voitures; nous retombons sur la route départementale et tournons à droite,, le premier quatre quatre va trop vite et manque le premier chemin à droite. Je regarde instinctivement par la fenêtre et là je le vois traversant un petit bout de pelouse à quelque 40m de la route, nous tournons donc au chemin à droite. mon collègue stop le véhicule duquel je descend, lui s'en va en courant un peu plus loin. Le temps de ressortir le fusil de la housse et de le recharger, j'entends les branches craquées et là je le vois face à moi, je l'épaule, il n'est qu'à dix mètres... il oblique sur ma droite, le passage de la route, il veut couper la route, je le laisse avancer, je l'ai à présent de biais, je lâche une balle, il s'écroule mais il essaie de se relever, je lâche ma deuxième balle...et M***e!!! Dans le cuissot...l'erreur de vouloir tirer en regardant l'animal m'a fait baisser le fusil.
C'est alors que certains qui m'avait vu le tirer depuis la route sont arrivés; j'en mangeait ma casquette tellement j'étais heureux et c'est les larmes aux yeux et la gorge nouée que j'ai appelé mon père pour lui dire.
Lorsque j'ai tiré ma deuxième balle lors de la première traversée de l'animal, celle ci à ricochet sur sa colonne et ayant perdu sa puissance létale est allé se ficher dans l'arrière de son crâne sans le fracturer.
J'ai évidemment payé ma bouteille ce soir là après la mort d'un second sanglier d'une cinquantaine de kilos.
Voilà comment j'ai tué mon premier sanglier.